Kaamelott, Sweet Thing, Old, Space Jam... Les films à voir ou à éviter cette semaine au cinéma

Il y a 1 semaine 29

L'adaptation de la série médiévalo-burlesque, un père filmant ses enfants avec amour et LeBron James dans un film d'animation... Que faut-il voir cette semaine ? La sélection de la rédaction du Figaro.

À voir

Kaamelott , une comédie d'Alexandre Astier, 2h

Arthur Pendragon a disparu depuis dix ans. Il n'est plus roi. Le chevalier Lancelot a usurpé le pouvoir et pris sa place. Ce félon engoncé dans un costume qui rappelle celui de Dark Vador dirige d'une main d'acier le royaume de Bretagne. Mais la rumeur court. Arthur serait de retour. Et ce n'est pas pour trier les lentilles, dit-il... Enfin quoique, le principal personnage, joué par Alexandre Astier en personne, freine des quatre fers face à son destin héroïque. C'est là toute la réussite de cette comédie. D'autant que le contraste habile entre mythe chevaleresque et humour potache souligne sans cesse le dérisoire face au grandiose... Toutes ses influences digérées, détournées, et servies sur une table ronde avec le faste du CinémaScope font de Kaamelott un régal qui louvoie astucieusement entre le pique-nique du dimanche et banquet à la lyonnaise. La légende foutraque continue ! O. D.

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La Conspiration des belettes , une comédie de Juan José Campanella, 2h09

Quatre vieux amis partagent une grande maison à la campagne. Un genre d'Ehpad pour artistes. Un réalisateur, un scénariste, une actrice et son mari tuent le temps comme ils peuvent, entre activités ludiques (billard, peinture), disputes et nostalgie. La vieillesse est un naufrage. Quand elle concerne des gens de cinéma, elle ressemble au Titanic. Mais un jeune couple d'agents immobiliers aux dents longues, prêts à tout pour récupérer la propriété, va redonner de la vigueur à ce quatuor de septuagénaires, pas les moins habiles en chausse-trappes et coups tordus. Campanella cite Lubitsch comme l'un de ses réalisateurs de comédie préféré. Il n'a pas la même «touch» que son maître. Moins de légèreté, moins de vivacité. Mais le numéro d'acteur des quatre têtes d'affiche est savoureux. Graciela Borges, Luis Brandoni, Oscar Martinez et Marcos Mundstock s'amusent et amusent dans ce Boulevard du crépuscule teinté d'humour noir. É. S.

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Sweet Thing , un drame d'Alexandre Rockwell, 1h31

Tourné en noir et blanc, ce film indépendant à petit budget raconte la fugue estivale d'une sœur et son petit frère, issus d'une famille dysfonctionnelle, dans les paysages industriels de New Bedford, dans le Massachusetts. Sweet Thing met en scène les deux enfants du réalisateur, Lana et Nico Rockwell. Sa deuxième femme, l'actrice Karyn Parsons, fait également partie de la distribution de cette attachante comédie dramatique. Alexandre Rockwell est un être de paradoxe : il filme amoureusement sa famille tout en racontant l'odyssée de deux enfants fuyant une famille désunie grâce à un troisième larron qui a tout de Peter Pan. O. D.

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On peut voir

Old  , un thriller de M. Night Shyamalan, 1h48

Couple au bout du rouleau, Guy et Prisca Capa offrent à leurs enfants d'ultimes vacances cinq étoiles avant d'annoncer leur séparation. Baignade, lecture et pâtés disparaissent vite du programme quand un cadavre émerge des flots. Tout aussi inquiétant, les bambins poussent sous les yeux des adultes terrifiés de dizaines de centimètres et deviennent des ados. Sur cette plage, le temps s'écoule en accéléré. Balançant entre la série Lost et Dix petits nègres M. Night Shyamalan tisse un huis clos en plein air. Maître des rebondissements choc et parfois en toc, le réalisateur que l'on a connu plus subtil dans sa série The Servant confirme son statut de prestidigitateur talentueux mais frustrant. La mécanique est prenante sur le moment. Mais une fois les ficelles révélées... C.J.

Spirale : l'héritage de Saw , un film d'horreur de Darren Lynn Bousman, 1h33.

La franchise horrifique se réinvente et flirte avec le thriller noir et poisseux façon Se7en. Chris Rock quitte son registre comique et prête ses traits à un policier désenchanté et bouillonnant de rage face à un tueur en série visant des collègues de son commissariat, gangrené par la corruption. Si la performance du comédien convainc, comme le portrait de sa relation houleuse avec son père idolâtré (un Samuel L. Jackson encore plus taciturne que d'habitude), Spirale suppose quand même d'avoir l'estomac bien accroché. Les meurtres et les actes de torture commis par ce disciple et copycat de Jigsaw, alias le tueur au puzzle, restent aussi insoutenables et sanglants que dans les huit films précédents. Et son identité pas si compliquée à percer. C. J.

À éviter

Space Jam : Nouvelle ère , un film d'animation de Malcolm D.lee, 1h56.

Vingt-cinq ans après Michael Jordan, Bugs Bunny et les Looney Toons ont besoin d'un autre basketteur phare de la NBA pour les sauver. Non plus des extraterrestres , mais d'une intelligence artificielle belliqueuse incarnée par Don Cheadle. Le charisme relatif de bon père de famille de LeBron James, désemparé par son gamin, petit développeur de génie qui déteste le ballon orange et les paniers, peine à compenser un graphisme laid et survolté. L'animation traditionnelle en 2D des cartoons jure avec les passages en 3D. Restent les clins d'œil méta amusant aux autres franchises phare de la Warner. L'aventure foisonne de références à Game of Thrones, Superman, ou Harry Potter ; comme une critique involontaire du manque d'imagination à Hollywood. C.J.

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