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Le cinéaste canadien fait de la saga de science-fiction créée par Frank Herbert une tragédie futuriste à l’esthétique très réussie.

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Paul Atréides (Timothée Chalamet) dans « Dune », de Denis Villeneuve. Paul Atréides (Timothée Chalamet) dans « Dune », de Denis Villeneuve.

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Dune, célèbre roman de science-fiction de Frank Herbert, publié en 1965, a suscité, depuis lors, moult projets d’adaptation, où se sont cassé les dents nombre de studios, de scénaristes et de cinéastes, et non des moindres (David Lynch, Alejandro Jodorowsky, Ridley Scott…).

Il revient aujourd’hui à Denis Villeneuve de relever le défi. Formé à l’université de Québec, compagnon de route tardif d’un génie du cinéma direct, Pierre Perrault, en compagnie duquel il partit étudier les bœufs musqués au pôle Nord, produit lui-même en ses débuts par l’estimable Office national du film du Canada, le natif de Trois-Rivières n’en rêvait pas moins d’Hollywood. Tout le monde peut s’égarer.

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Après avoir fait ses preuves sur le marché international, il finit donc par passer du côté de l’empire en 2013. Il s’y illustra. Brillant plus particulièrement lors de son passage à la science-fiction, où son goût pour la restauration élégante de grands mythes cinématographiques fit merveille. Ce n’est pas pour rien que le thème de la survie et de la renaissance occupe de manière constante son œuvre depuis ses débuts.

Appropriation sensible et originale

Premier Contact, en 2016, puis Blade Runner 2049, en 2017, témoignent en tout état de cause d’un rapport fructueux de Villeneuve aux grands motifs et œuvres préexistants (de l’invasion extraterrestre à la révolte des androïdes, de Contact, de Robert Zemeckis, à Blade Runner, de Ridley Scott), dont il incline à s’emparer. Le renouvellement d’un schème ancien se signale chez lui par une appropriation toujours sensible et originale, un souci d’inventivité visuelle, une attention à l’adéquation entre la forme et le fond.

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Il était donc opportun de la part de la Warner de faire de nouveau appel à lui (après Blade Runner 2049) pour une gageure telle que Dune, quand bien même le torchon brûle aujourd’hui entre le cinéaste et le studio, qui a décidé d’une sortie simultanée du film en salle et sur sa plate-forme HBO Max. Outre l’enjeu financier pour les recettes cinématographiques, le fait est que le film de Villeneuve – c’est une évidence physique et sensorielle – se voit en salle ou ne se voit pas.

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En attendant, on est en 10000 et des brouettes, et le genre humain est toujours aux manettes – hypothèse sur laquelle plus personne ne mettrait aujourd’hui sa main à couper, entre les mille maux qui nous menacent. Admettons, toutefois, que ce soit encore nous plutôt que les virus ou les blattes. L’espace est assujetti à un empire omnipotent qui, pour mieux régner, divise machiavéliquement ses sujets. L’octroi de la planète Arrakis au duc Leto Atréides (Oscar Isaac) en est un exemple carabiné.

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